Mise à jour le 29/03/06
                  

MONDIALISATION PRÉHISTORIQUE

Les cartes qui changent l'histoire...

 

Recherches de  Enrique García BARTHE  
Email de l'auteur :   egbartheyahoo.com.ar

Traduction de Sylvie MOLERO

 



Communication présentée lors du IVème congrès argentin des américanistes
qui s'est tenu du 4 au 5 octobre 2001 à l'université d'El Salvador de Buenos Aires, Argentine.


L'interprétation de Ptolémée

 

CLAUDE PTOLÉMÉE
LA GÉOGRAPHIE
14 Illustrations et 29 Cartes incluses

Couverture du livre de géographie de Ptolémée

 

  Le géographe Claude Ptolémée est sûrement né deux siècles après Marin de Tyr dont il s'est inspiré pour réaliser sa géographie.

  Il est très important de lire la géographie écrite par Claude Ptolémée, car elle n'a pas été étudiée attentivement et a quelquefois été mal interprétée. Il faut nécessairement réinterpréter certains passages de Ptolémée qui ne semblent pas très clairs :

  1. Ptolémée parle d'une géographie écrite par Marin de Tyr, sur laquelle il se base pour écrire la sienne, mais il ne dit pas qu'il l'a connu personnellement. Marin ne cite pas des personnages obscurs mais des personnes importantes et connues à l'époque comme Alexandre, Diogène, Flaccus, Theophilus, Philemon, Dioscorus, etc. que Ptolémée ne semble pas connaître.
  2. Ptolémée parle d'un certain Alexandre, qui n'est autre qu'Alexandre le Grand. Marin parle d'Alexandre et de ses récits de voyage à Catigara, et également des versions des voyages d'Alexandre le Grand à Catigara rapportées par des marins macédoniens comme Titien. Il ne dit pas que Marin a connu personnellement Alexandre le Grand.
  3. Bien que les cartes de Ptolémée soient tracées sur 180°, elles ne représentent pas une terre plate comme beaucoup le pensent. Il suffit de regarder les cartes pour se rendre compte qu'elles représentent une surface incurvée, comme le montrent les méridiens, mesurés en degrés, qui se rejoignent au-dessus du pôle. ( voir la géographie sphérique Almageste de Ptolémée )
  4. Ptolémée réduit sur 45° la géographie de Marin de Tyr qui se déployait sur 225°. Malheureusement, aucun exemplaire de cette géographie n'a été conservé pour pouvoir déterminer les erreurs de Ptolémée.
  5. La navigation vers Saba que Ptolémée divise par deux correspond très certainement aux 40 jours mentionnés par Sarmiento De Gamboa. Il faut se rappeler que le déluge dura 40 jours et 40 nuits, que l'exode de Moïse dans le désert dura 40 ans, que Jésus jeûna dans le désert pendant 40 jours, que les voleurs d'Ali Baba étaient 40, etc., etc. Cela montre que quarante était utilisé pour représenter une quantité importante dont on ignore le nombre exact, et non pas comme quelque chose d'impossible à dénombrer comme Ptolémée l'interprète.

 

  Examinons un peu la géographie de Ptolémée.

  Dans le livre premier, chapitre XIV, relatif au voyage entre le Quersonesus de Oro ( Malaca ) et Catigara, il est dit que :
    « Marin n'indique pas le nombre de stades entre le Chersonesus Doré et Cattigara. Alexandre a écrit que la ligne côtière s'étend vers le sud, et qu'en navigant le long de la côte, ils arrivèrent à Zaba au bout de vingt jours, et qu'ensuite en poursuivant quelques jours vers le sud et la gauche ils atteignirent Cattigara ».

  Ce paragraphe mérite une attention particulière puisqu'il montre que c'est Alexandre le Grand lui-même qui relata ses voyages à Saba et Catigara, écrits qui ont disparu tout comme la géographie de Marin de Tyr.

  Il ne précise pas le point exact du Quersonesus de Oro ( Malaca ) à partir duquel il faut naviguer pendant vingt jours vers le sud pour arriver à Saba. Il nous donne des directions erronées et des durées de navigation confuses. Je crois que la bonne interprétation consiste à naviguer plusieurs jours le long de la ligne équinoxiale ( équatoriale ) en direction du Levant jusqu'à Saba, naviguer ensuite quelques jours vers le sud puis vers la gauche pour arriver à Catigara.

  Dans le septième livre des tables de localisation, il indique pour la douzième carte relative à l'île de Trapobana ( Ceylan ) :     « Saba 135° de longitude 0° de latitude, Equateur »

  Mais d'après ce qu'il indique dans sa géographie, pour arriver à Saba il faut partir du " Chersonesus Aureo " ( Malaca ) qui se trouve bien au-delà des 135° de Trapobana ( Ceylan ). Il explique aussi que Saba se trouve 8° au nord de Cattigara, donc la longitude de Saba doit être de 175° et non de 135°.

  Cela amena les géographes qui réalisèrent les reconstitutions des cartes de Ptolémée quinze siècles plus tard, à copier l'erreur des tables de localisation et à inventer une petite île qui n'existait pas dans l'Océan Indien, près de Trapobana ( Ceylan ), pour pouvoir placer Saba à la longitude erronée de 135°.

  Marin réduisit la taille de la Terre de 135° et réalisa sa géographie sur 225° de longitude seulement, et Ptolémée réduisit le travail de Marin de 45° supplémentaires pour aboutir à une représentation globale de 180° de longitude. Même si ces changements ne modifient pas la latitude qui reste constante, ils faussent les distances en longitude ce qui empêcha Ptolémée de préciser les distances et les temps de navigation pour atteindre Catigara.

Carte de Ptolémée de 1474,
Bibliothèque Apostolique du Vatican.
Auteur : Donnus Nicolaus Germanus

 

  Cette analyse du Géographe Claude Ptolémée montre qu'il a été lui-même influencé par les idées obscurantistes imposées par Rome.

  Christophe Colomb a été le premier à interpréter correctement les travaux de Claude Ptolémée, et de bien d'autres, comme l'explique son fils Hernando Colomb, et c'est l'une des raisons majeures de son succès.

  Sur la carte réalisée par Lopo Homen et Pedro Reinel en 1519, nous voyons comment, 27 ans après Colomb, ils localisent " Zaba Flu " ( fleuve Saba ) sur la côte sud-américaine, à l'endroit même où Ptolémée plaça Catigara au sud de Saba. Cela montre qu'ils connaissaient la géographie de Ptolémée. Ils placent également " Parioco Flu " ( fleuve Paria ) montrant ainsi que la prétendue découverte de l'Amérique ne suffit pas à les tromper ou à les dérouter, comme cela se produisit plus tard pour les autres jusqu'à aujourd'hui.

Comparaison de la Baie de l'Equateur sur quatre cartes

Carte de Nicolaus Germanus de 1474 Carte d'Henricus Martellus Germanus de 1489 Carte de Lopo Homen et Pedro Reinel de 1519 Carte actuelle

 

  Dans le septième livre des tables de localisation, sur la onzième carte relative à Sinae ( Chine ) et dans le Signus Magnus, Ptolémée indique :
    « Ambastus 177° de longitude 10° de latitude nord.
    Cattigara 177° de longitude 8°30' de latitude sud. Mouillage des Chinois.
    Embouchure du Fleuve Cutiaris 177° de longitude 7° de latitude sud. Lieu où vivent les Ethiopiens Ichthyophages ( mangeurs de poisson )
 »

  Il est intéressant de noter que les autres auteurs ne se sont pas préoccupés de ces Ethiopiens Ichthyophages alors qu'ils sont d'une importance fondamentale.

  L'Ethiopie de la Mer Vermeille ( Rouge ) des Amhariques est celle qui nous intéresse dans le cas présent. Elle entretenait des relations avec l'Egypte et le Royaume de Judée depuis la plus haute antiquité, l'Ethiopie des Juifs de couleur, ceux qui vivaient sur les promontoires d'Aromata, Rapta ou Prasum en Afrique orientale d'où partaient, selon Ptolémée, les navigateurs à travers l'océan Indien. Certains passaient par Madagascar jusqu'au Chersonesus Aureo ( Malaca ) et de là ils traversaient l'océan Pacifique jusqu'à Saba, Catigara, Ambato, le fleuve Curiatis, etc. dans les " Indes Orientales " en passant par les îles, grandes et petites, de l'Océanie où ils laissèrent leur trace.

  La découverte de l'Amérique sur ces cartes précolombiennes expliquerait l'existence de certaines cartes controversées. Dans le livre de P. Guirao " L'énigme des cartes de Piri Reis " éditions Libro Expres de España, on trouve dans le chapitre IV :
    « Charles H. Hapgood compare la carte d'Andreas Walsperger de 1448 ( qui est un tissu d'âneries ) avec le portulan de Dulcert de 1399 qui représente la Méditerranée de manière très juste. »

  Malheureusement pour lui, cet auteur n'a pas réalisé que c'est A. Walsperger qui lui donne, avec sa carte, la clé du mystère de Piri Reis, et ce qu'il considère comme " un tissu d'âneries " représente l'Amérique entière sur une carte précolombienne, ce qui permet de confirmer l'hypothèse de la connaissance de l'Amérique dans l'antiquité, sans avoir besoin d'invoquer les extraterrestres.

  La carte Vinland, achetée par l'université de Yale, est une autre carte controversée, et en dépit du prix très élevé qu'elle a probablement coûté et de son authenticité contestée, je crois que cette carte est parfaitement possible pour l'époque, 1440, mais qu'elle a été nommée à tort " la première carte de l'Amérique ". En Allemagne, Kirstein Seaver, spécialiste du sujet, dit que « l'authenticité de la carte serait comme la Conception de la Vierge, vu qu'il n'y a aucune tradition postérieure », et qu'elle a pu être falsifiée, en 1930, par le frère jésuite Joseph Fischer au château de Wolfgang en Bavière où il enseignait l'histoire.

Frère J. Fisher Carte du Vinland

 

  Mais peut-être existe-t-il une tradition entourant cette carte puisque nous avons parlé de la confrérie des moines allemands qui réalisèrent des cartes antérieures à Colomb parmi lesquelles on trouve les trois cartes représentant l'Amérique, datant de 1440, 1448, et 1470, exécutées par des religieux dans la même région.

  Cela amène à penser que si la carte de Vinland n'était pas réellement une carte authentique de 1440 mais une production du frère Fischer, il ne s'agirait pas d'une falsification mais plutôt d'une copie ou d'une reconstitution de documents originaux plus anciens. Il en va de même pour les cartes précolombiennes réalisées par les moines allemands, auxquelles j'ai fait référence, démontrant et confirmant ainsi l'existence en Allemagne de documents anciens qui n'ont pas encore été retrouvés et qui ont été utilisés pour effectuer ces cartes.

 


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A propos de l'auteur
Enrique García Barthe

 


Cet article est publié sur ce site avec l'accord de l'auteur.
Vous pouvez retrouver la version originale en espagnol et sa traduction anglaise sur le site de l'auteur :
http://www.enriquegarciabarthe.com.ar/     


 

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