Mise à jour le 29/03/06
                  

MONDIALISATION PRÉHISTORIQUE

Les cartes qui changent l'histoire...

 

Recherches de  Enrique García BARTHE  
Email de l'auteur :   egbartheyahoo.com.ar

Traduction de Sylvie MOLERO

 



Communication présentée lors du Vème congrès argentin des américanistes
qui s'est tenu du 14 au 15 octobre 2004 à l'université d'El Salvador de Buenos Aires, Argentine.


L'AMÉRIQUE, MARCO POLO et CIPAN-GUO

 

  Le monde apprend l'existence d'un lieu appelé Cipan-go grâce à Marco Polo ( 1254-1324 ), au travers du récit de ses voyages en Extrême-Orient. Ce commerçant voyageur et explorateur est le seul à parler de ce lieu mystérieux.

  Cet endroit énigmatique a été appelé Cipango, Ciampagu, Zipangri, Cipangu par différents auteurs, mais il faut préciser que ce nom est formé de deux mots, d'une part Cipan ou Sipan et d'autre part un suffixe Go, Gu, Gri ou Ho. Leur signification en chinois peut être très variée et il faudrait voir les idéogrammes écrits pour déterminer leur phonétique et comprendre leur véritable sens, mais Marco Polo n'a pas laissé de témoignage en langue originale.

  Toutefois je crois que la solution m'a été donnée par mon ami l'éminent chercheur et Professeur à l'Ecole Nationale d'Anthropologie et d'Histoire de la Ville de Mexico, directeur et fondateur de la revue Améristica, le docteur Gustavo Vargas Martinez qui, lors de sa dernière visite à Buenos Aires pour la présentation de son livre " Juncos Chinos en la Cola del Dragón " ( Jonques Chinoises dans la Queue du Dragon ) à l'Académie de Géographie le 12/05/04, m'a précisé que le suffixe Go doit certainement se prononcer " Guo " et qu'il signifie pays. Je dois préciser que Vargas Martinez a écrit d'autres livres parmi lesquels " Fu Sang-guo, Chinos en América antes de Colón " ( Fu Sang-guo, des Chinois en Amérique avant Colomb ), qu'il a vécu quelque temps en Chine, où il a appris la langue et qu'il est expert dans l'histoire de la navigation chinoise.

  Ainsi pour désigner ce lieu mystérieux Cipango ou Cipan-go, j'utiliserai le nom Cipan-guo, pays de Cipan ou Sipan.

  Dans le livre de Juan Gil, Alianza Editorial S.A., Madrid 1987, nous trouvons deux éditions de Marco Polo, que nous analyserons. La première est une traduction de l'édition Príncipe Latina de Amberes éditée en 1485 et annotée par Christophe Colomb et la deuxième est une réimpression de la Sevillana de 1519 de la première traduction en espagnol du texte vénitien, réalisée par Rodrigo Fernández de Santaella en 1503. Dans ces éditions, j'utiliserai la description textuelle de Cipan-guo faite par Marco Polo et je désignerai l'édition d'Amberes de 1485 par " a " et l'édition de Sevillana par " b " car il y a quelques différences entre les deux. La description de Cipan-Go est plus longue dans l'édition " a " d'Amberes, elle occupe sept chapitres dans le troisième livre, ce qui ne devrait pas être le cas si les deux éditions provenaient du même texte original. Cela ne peut s'expliquer que par le fait que les traducteurs rajoutèrent leur propre interprétation des faits.

  Dans les deux éditions, on raconte comment Koubilaï Khan envoya deux barons à la tête d'une flotte pour conquérir Cipan-guo. Ces barons sont appelés Anatar ( 1 ) et Santihm dans l'édition a) et Abatan ( 1 ) et Vonsancin dans l'édition b). Malgré les disputes qui éclatèrent entre les deux hommes, ils réussirent après maintes aventures à s'emparer de la ville principale mais furent ensuite vaincus par le Roi de Cipan-guo. Ils se rendirent pour sauver leur vie et retournèrent ensuite chez eux en 1269. On connaît ainsi les faits du monarque de Cipan-guo, car s'il y avait eu beaucoup de trafic maritime à une époque, ce contact était en déclin, puisque très peu de navires arrivaient jusque là-bas. (1) appelé aussi Abbacatan ou Abatur

  Nous verrons comment les descriptions, que Marco Polo probablement entendit seulement, nous éloignent du Japon et comment elles nous rapprochent des Indes Orientales (l'Amérique) et en particulier du Pérou avec des idoles et des animaux fabuleux imaginaires :

          

  1 - a) Il s'agit d'une île située à l'est, en pleine mer, distante de la côte de Mangi de mille quatre cents miles. Elle est immense.

  1 - b) Je veux aller d'ici jusqu'aux terres de l'Inde sur lesquelles, moi, Marco Polo, je demeurerai longtemps. Même si ce que je raconte paraîtra invraisemblable pour ceux qui écouteront, tout est authentique et véritable, car j'ai tout vu de mes yeux. Je commencerai par l'île de Ciampagu qui est située en peine mer, face à l'orient, qui est vaste et éloignée des terres de mille cinq cents miles.

  Dans le point 1 - b) il dit qu'il va parler des terres de l'Inde qui se trouvent à 1 500 miles dans l'océan à l'est de Mangi, Marco Polo sait parfaitement que l'Inde se trouve à l'occident, ce qui démontre qu'il se réfère aux Indes Orientales où il dit avoir séjourné longtemps et avoir réellement vu ce qu'il raconte. On peut donc penser que Marco Polo se rendit en Amérique, d'après la traduction de R. Fernández de Santaella de 1503.

  Dans le point 1) nous constatons une différence de miles entre les versions a) et b). Mais malgré cette différence, les distances de 1 400 ou 1 500 miles à l'est de Mangi sont trop importantes pour situer Cipan-guo au Japon. En effet le Japon se trouve à moins de 100 miles de la Corée, avec des îles intermédiaires comme Tsushima et Orono-Shima qui réduisent les tronçons de navigation, et à une distance qui n'est pas supérieure à celle qui sépare l'île de Taiwan qui était fréquentée en permanence par les chinois depuis la plus haute antiquité. Le Japon était également connu des chinois des siècles avant l'arrivée de Marco Polo. Le professeur japonais Toshio Okuno a trouvé au Japon des preuves du passage de l'expédition chinoise envoyée par l'empereur Ts'in Che Houang ti en 220 avant J.C. à la recherche des Immortels et nous verrons qu'il existe d'autres histoires reliant la Chine à l'Amérique.

  Cette distance de 1 500 miles tombe en plein milieu de l'océan, ce qui laisse penser que Marco Polo a tenu compte de la géographie de Ptolémée qui ne dépassait pas 180° vu qu'à cette époque il n'existait pas d'autre manière de concevoir l'Oekoumène. Il a probablement calculé que de Mangi à Cipan-guo il y avait 1 500 miles et il a placé Cipan-guo de l'autre côté du Signus Magnus, là même où Ptolémée avait placé Catigara, au bout du monde, dans les " Indes Orientales " soit l'Amérique, et qu'il ne pouvait placer au-delà des 180°.

  D'après Hernando Colomb, second fils de l'Amiral, selon une lettre que lui envoya son ami Toscanelli, son père utilise dans ses calculs une distance de 10 espaces, soit 2 500 miles, dans l'océan entre les Antilles et Cipan-guo, mais si le Mexique ne se trouvait pas au milieu, cette distance serait approximativement de 7 500 miles, ce qui place les 2 500 miles beaucoup plus près de Catigara ( l'Amérique ) que du Japon. Il semblerait donc que, soit Christophe Colomb possédait des informations plus fiables, soit il a mieux interprété les écrits de Marco Polo.

          

  2 - a).et ses habitants, blancs de peau et aux traits fins, sont idolâtres et ont un roi, mais ne sont assujettis à personne.

  2 - b) Les habitants de cette île sont beaux et ont de bonnes manières, bien qu'ils soient idolâtres. Dans cette île il y a un roi, libre et affranchi, qui ne paye aucun tribut à un autre souverain. Les gens de cette île parlent la langue de Perse.

  Dans le point 2 - a) il est dit que les habitants sont blancs. Bien qu'il existe des récits comme celui de Francisco Pizarro, premier Gouverneur du Pérou, qui parle d'une princesse à la peau blanche comme une coquille d'ouf, je m'en remettrai aux preuves physiques, comme la momie Chimú qui se trouve exposée au Musée des Sciences Naturelles de la ville de La Plata ( Argentine ). Le chercheur Demetrio Charalambous découvrit qu'elle était blonde. On trouve également les momies blondes et rousses de Paracas, qui sont conservées au Musée de Lima, et dont le célèbre archéologue Thor Heyerdahl a publié des photos dans un de ses livres. Ces photos lui furent fournies par le musée grâce à l'amitié qu'il entretenait avec le Président du Pérou de l'époque Fernando Belaúnde Terry. Il est important de préciser que des analyses chimiques ont permis de confirmer que la couleur des cheveux est naturelle et qu'ils n'étaient ni teints ni décolorés par le temps. Ainsi nous avons la preuve qu'il y avait des gens de race blanche au Pérou.

  Dans les versions a) et b) les habitants sont qualifiés d'idolâtres. Il faut préciser que Marco Polo parle des chrétiens, des juifs et des musulmans et qu'il appelle tous les autres idolâtres, comme les hindous, les brahmanes, les confucéens, les taoïstes, etc. qu'il a sans aucun doute connus mais qu'il ne nomme à aucun moment. Plusieurs idoles sont décrites de manière confuse et il faudrait les voir pour pouvoir émettre une opinion.

  Dans la version b) il est dit que les habitants parlent la langue Persane. Il se réfère évidemment à l'Araméen Perse dont nous savons formellement qu'il ne fut jamais parlé au Japon.

  En 1572, dans son Histoire des Indes qui fut perdue pendant quatre cents ans, l'historien du Vice-roi Toledo du Pérou, le capitaine Pedro Sarmiento de Gamboa dit :

          

« Esdras appelle Ultra ces nations qui arrivèrent en Perse par le fleuve Euphrate et qui s'en allèrent sur une terre lointaine qui n'avait jamais été habitée par l'homme. Car, en navigant sur ce fleuve, ils ne pouvaient déboucher que sur la mer Indienne, en direction de la terre où il n'y avait pas d'habitations, terre qui ne pouvait être que Catigara, qui se trouve au sud à neuf degrés de la ligne équinoxiale selon Ptolémée, et selon la navigation d'Alexandre le Grand à quarante jours de l'Asie. Et cette terre est appelée Terre inconnue de l'Autan par les cartographes, depuis laquelle ont pu être peuplés jusqu'au détroit de Magellan, jusqu'au ponant de Catigara et jusqu'au levant de Java et de Nouvelle Guinée et les îles de l'archipel du nom de Jésus, que j'ai, grâce à notre Seigneur, découvert dans la Mer du Sud dans l'année 1568, pendant le règne de l'invincible Philippe second roi d'Espagne et de ses colonies et de la démarcation du milieu du monde qui est de cent quatre-vingts degrés de longitude. Il faut à partir de là dire que la Nouvelle Espagne et ses provinces furent peuplées de Grecs et Catigara fut peuplée par les Juifs ; et les riches et puissants royaumes du Pérou et les provinces étaient des Atlantiques issus des premiers mésopotamiens ou Chaldéens qui peuplèrent le monde ».

  Nous disposons également des travaux d'un grand linguiste, le presbytérien Miguel Angel Mossi, réalisés en 1860 et publiés par l'Université Nationale du Tucumán ( Argentine ), le " Diccionario Sincrético Universal " ( Dictionnaire Syncrétique Universel ) et le " Diccionario Hebreo Kjéchua Castellano " ( Dictionnaire Hébreu Quechua Espagnol ), dans lesquels il démontre l'influence de l'hébreu et de l'araméen sur la langue quechua, l'influence de l'araméen est démontrée dans au moins sept cents mots indigènes. En complément du dernier dictionnaire, je préciserai que les Incas utilisaient le mot perse " Pacha " pour désigner le roi et le mot " Shamay " pour la paix, qui est semblable aux mots " Salam " en arabe, " Shalom " en hébreu ou " Shalim " en araméen. De plus, comme le dit Mossi, le mot Kjeshua serait Jésus, soit " Langue de Jésus ", étant donné qu'il prêchait dans la langue parlée à son époque, l'araméen et non l'hébreu. On doit aussi prendre en compte le mithriacisme de Perse et les moines nestoriens qui prêchaient dans toute l'Asie, y compris la Chine, qui apportèrent et laissèrent leur prêche, et dont les croyances se transmirent de Perse en Chine, et certainement jusque dans les expéditions chinoises.

          

  3 - a) Là-bas on trouve de l'or en abondance mais le monarque ne permet pas facilement qu'on le sorte de l'île, c'est pourquoi peu de marchands vont là-bas et peu de navires étrangers accostent à ses ports. Le roi de l'île a un grand palais au toit recouvert d'or fin, comme chez nous l'on recouvre les toits des églises de plomb. Les fenêtres de ce palais sont toutes décorées d'or et le sol des salles et de nombreuses pièces est recouvert de plaques d'or de deux doigts d'épaisseur. Là-bas on trouve des perles en abondance, rondes et grosses et de couleur rouge qui valent plus que les petites perles blanches. On trouve aussi beaucoup de pierres précieuses car l'île de Ciampagu est riche de merveilles.

  3 - b) Dans cette île on trouve de l'or en grande quantité mais il ne sort jamais de l'île, car peu de navires et peu de marchandises arrivent jusque là-bas. Et le roi de cette île a un palace très grand et merveilleux, entièrement couvert d'or épais de deux réales, et les fenêtres et les colonnes de ce palais sont toutes en or. Là-bas on trouve des pierres précieuses en abondance.

  Dans le point 3, les versions a) et b) correspondent et décrivent un palais et des richesses qui ne peuvent en aucun cas correspondre à la réalité du Japon. Mais ils pourraient exister au Pérou. On conserve des témoignages sur le pillage du revêtement de plaques d'or que les conquistadores perpétrèrent au " Cory-Cancha " ( palais Inca du Cuzco, le terme Cory désigne l'or en araméen et en quechua - Kjeshua - de même Colque désigne l'argent dans ces mêmes langues ). Il existe des chroniques et un inventaire décrivant comment les conquistadores démontèrent et emportèrent les plaques d'or qui recouvraient le lieu et qui correspond à la description que Marco Polo en avait fait deux siècles et demi plus tôt.

  Le mot indigène Cancha peut se traduire par propriété, lieu, ce qui signifierait lieu doré ou lieu en or. Ce métal était associé au " Dieu Soleil " et était considéré comme ses larmes ou sa sueur.

  Comme cela arrive souvent, les destructeurs du palais construisirent sur ses ruines la Cathédrale actuelle de Cuzco pour attirer les indigènes qui continuaient à pratiquer leurs cultes dans des lieux qu'ils considéraient comme sacrés, comme le Cory-Cancha.

          

  4 - a) La mer où se trouve l'île de Ciampagu est l'Océan et se nomme mer de Cim, ce qui veut dire " mer de Mangi ", car la province de Mangi est sur sa côte. Dans la mer où se trouve Ciampagu, il y a beaucoup d'autres îles qui ont été comptées soigneusement par les marins et les pilotes de cette région et ils sont arrivés au nombre de sept mille ccclxxviii ( 7378 ) dont la majeure partie est peuplée par des hommes. Sur toutes les îles citées plus haut les arbres portent des épices, car là-bas tous les arbres qui poussent sont aromatiques et profitables. Là-bas, il y a des épices en quantité infinie ; on trouve du poivre blanc comme la neige ; on trouve aussi de grandes quantités de poivre noir. Malgré cela, les marchands étrangers viennent rarement par ici, car ils passent une année complète en mer, car ils s'en vont en hiver et reviennent en été. Deux vents seulement soufflent sur la mer, un en hiver et un autre en été. Cette région est également très éloignée des côtes de l'Inde. Comme je ne suis pas allé dans cette région, j'arrête ici mon récit.

  4 - b) Cette île est entourée par la mer Océan ; ses ports sont libres et les marins qui naviguent sur cette mer disent qu'elle contient vii mill ccc e xlviii ( 7348 ) îles. Là-bas, tous les arbres sont odorants et fructueux et très rentables. Sur cette île naît le poivre blanc. Entre la province de Mangi et l'Inde, il faut naviguer un an car là-bas soufflent deux vents dominants, un en hiver et un autre en été, en sens contraires l'un par rapport à l'autre.

  Dans le point 4 les versions a) et b) s'accordent sur le fait que peu de navires s'approchent de ses côtes, que Cipan-guo se trouve dans l'océan et que dans cet océan il y a des milliers d'îles, avec une petite différence dans leur nombre. Cet endroit peut-être identifié à la Polynésie, l'Océanie ( y compris les grandes îles Java, Sumatra, Bornéo etc. ) et il est précisé qu'on y produit des épices, ce qui correspond bien à cette région. C'est pour cela qu'il s'agissait d'une région très connue et fréquentée par les navires des marchands d'épices qui venaient faire du commerce du monde entier. Il n'est pas possible de confondre tout cela avec l'archipel du Japon et je pense qu'il est inutile de démontrer qu'un voyage d'un an pour se rendre de Mangi au Japon est une absurdité, par contre cela correspondrait à un voyage de Mangi jusqu'aux Indes ( l'Amérique ) en passant par l'Océanie.

  Si les versions a) et b) parlent d'une année de navigation entre l'aller et le retour, il faut interpréter la forme du voyage. Quand il est fait référence aux deux vents, je pense qu'il s'agit des alizés. Ils font le voyage aller en hiver, ce qui signifie, je crois, qu'ils se dirigent vers le sud du Pacifique, profitant des courants marins et des vents qui se déplacent de l'occident vers l'orient, car il s'agit d'une région froide contrairement au retour par l'équateur où ils profitent également des vents et des courants marins dans le sens orient vers occident.

  La contradiction la plus importante se produit entre le point 4 b) dans lequel il dit avoir vu de ses propres yeux tout ce qu'il raconte sur Cipan-guo et le point 4 a) dans lequel il dit ne pas s'être rendu dans cette région.

  Nous savons aujourd'hui que les chinois connaissaient l'Inde et Ceylan ( Sri Lanka ) en Océanie, ce qui écarte une ignorance du Japon qui se trouvait si près de leurs côtes.

  Et même si la croyance populaire et quelques géographes continuent d'assimiler Cipan-guo au Japon, cela ne correspond pas à un endroit qui se trouve à 1 500 miles des côtes de Mangi, comme le place Marco Polo et encore moins à 2 500 miles, comme le situe Colomb. Malgré cela, les géographes et les historiens ont décidé de remplacer ou simplement de placer Cipan-guo à la place du Japon, sans prendre en compte les descriptions de Marco Polo que nous venons d'examiner et qui montrent que Cipan-guo n'aurait jamais pu correspondre au Japon.

  Les géographes occidentaux ignoraient probablement que le Japon était très connu en Asie et qu'il avait été parfaitement cartographié dès l'antiquité. A l'époque du gouvernement de Kamakura ( 1185-1333 ) les mongols tentèrent à deux reprises d'envahir le pays. En 1174 ils envahirent le nord de Kyushu, c'est la guerre de Bunei et en 1281 une nouvelle invasion appelée guerre de Koan fut tentée. Ces attaques échouèrent probablement pour des raisons climatiques et on ne doit pas les confondre avec le voyage à Cipan-guo raconté par Marco Polo et dont le retour eut lieu en 1269.

  A cette époque le Japon n'était pas à proprement parler un empire mais plutôt un ensemble de fiefs qui devaient d'abord se renforcer.

  Dans son exposé La Route de Colomb du Premier Congrès d'Américanistes, Enrique de Gandía dit que John Ranking, inspiré par Reinhold Foster développe, dans son livre publié à Londres en 1827, l'hypothèse selon laquelle une armada envoyée par Koubilaï Khan en 1257 pour envahir le Japon aurait pu être déviée par une tempête vers l'Amérique. Il s'agirait donc de l'invasion de Cipan-guo, qui aurait été confondu avec le Japon mais qui correspond en réalité à l'Amérique.

  Et assurément, l'armada ne fut pas détournée par une tempête comme le dit J. Ranking, mais elle atteignit sa destination, Sipan au Pérou ou comme l'appelle Marco Polo, Cipan-guo.

  Nous possédons actuellement des connaissances sur la culture japonaise millénaire, depuis l'antiquité la culture Jomon et son grand développement atteint à l'époque de Marco Polo, comme son organisation sociale, politique, la littérature, le théâtre, les céramiques, les tissus, la métallurgie et sur ses croyances religieuses les plus répandues, le shintoïsme, le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme. Tout nous démontre qu'il n'y a au Japon aucune tradition du culte solaire qui permettrait d'appeler le pays " l'Empire du Soleil Levant ".

  La carte conservée au temple Ninnaji à Kyoto au Japon confirme cette hypothèse. Cette carte fut réalisée par le moine Ciogi entre 668 et 674 et montre la connaissance des divisions administratives ( provinces ou fiefs ) et des chiffres de la population. Même si ce n'est pas la seule carte, cette copie antique est considérée comme la carte la plus ancienne qui ait été conservée et elle précède de six siècles le voyage de Marco Polo.

  L'existence de cette carte et des suivantes démontre que le Japon possédait une culture hautement développée et des connaissances navales et cartographiques qui lui permettaient de maintenir des relations avec des pays proches comme la Corée ( Mandchourie ) et la Chine. Cela montre que le Japon ne pouvait être un lieu mystérieux et inconnu à cette époque.

  D'autre part, on sait que les chinois naviguèrent sur l'Océan Indien dès l'antiquité, jusqu'en Inde et Ceylan et même jusqu'en Arabie, et Marco Polo lui-même raconta son retour à Venise sur un navire chinois.

  Il existe des preuves de la visite des chinois dans les îles du Pacifique et de l'Océanie et il est évident qu'ils connaissaient le Japon et ne pouvaient le confondre avec le mystérieux Cipan-guo décrit par Marco Polo.

  Certains auteurs, comme Enrique De Gandía pensent voir Cipan-guo à Java, d'autres à Sumatra, en Indonésie etc. Mais Marco Polo raconte avoir voyagé et vécu plus de quatre ans dans cette région de l'Océanie et il décrit de nombreuses villes et royaumes mais à aucun moment il ne fait de lien entre cette région de l'Océanie et Cipan-guo. Nous savons que de très nombreux navigateurs faisaient le commerce des épices et qu'ils parcouraient cette région mais aucun d'entre eux n'a situé ni même mentionné Cipan-guo dans cette région. Bien que certains géographes l'aient apparemment placé sur leurs cartes, il faut se souvenir que l'affluence des navires vers ces îles aux épices a été en constante augmentation, contrairement au récit de Marco Polo dans lequel le roi dit qu'auparavant, de nombreux navires débarquaient mais qu'à présent ils étaient très peu nombreux.

  Dans ces croyances nous constatons l'influence de géographes comme Fra Mauro qui présente en 1459 sa carte circulaire, de deux mètres de diamètre environ, sur laquelle, à l'encontre de tout ce que dit Marco Polo, il place Cipan-guo dans une île au nord de Java. Mais on remarque aussi que sur cette carte il n'y a pas d'espace pour placer Cipan-guo à 1 500 miles à l'est de Mangi dans l'océan. Cette carte n'est peut-être pas la plus ancienne dans laquelle Cipan-guo apparaît, mais il s'agit de la seule conservée dans sa forme originale et elle se trouve actuellement à la Bibliothèque Marciana de Venise.

  Enrique De Gandía dit que l'origine du nom Cipan-guo vient de l'expression chinoise " Yi-Pen-Ko " qui signifierait " Terre du Soleil Levant à l'Est de la Chine " et il explique le désaccord des japonais pour accepter ce toponyme et ces derniers le déplacent vers les îles Mariannes où ils baptisent l'Ile de Saipan.

  Cette expression " Cipanguo ou Yi Pen Ko " était utilisée pour désigner les terres des Indes Orientales au-delà de l'Océan ou Signus Magnus, terres où l'on considérait que naissait le soleil, comme dans le cas du cartouche de l'île de Curiga ou Terre de Feu sur la carte de 1440. Depuis l'antiquité on pensait que le soleil se levait et se couchait dans des lieux isolés et inconnus, loin des terres habitées, d'où l'on peut conclure que cette expression ne correspond pas à un endroit aussi proche et connu que le Japon. Mais il existe un Empire qui pouvait parfaitement s'appeler " Yi-Pen-Ko " " l'Empire du Soleil Levant ", il s'agit de l'empire pré-Incas au Pérou, dans " la Queue du Dragon " ou " Indes Orientales ".

  Ces hypothèses demandent une étude linguistique très approfondie car il faut prendre en compte les nombreuses langues et dialectes utilisés en Chine et préciser lequel on utilise pour effectuer cette étude. On peut ajouter qu'à cette époque régnait Koubilaï Khan, l'empereur mongol, et la langue officielle de la cour était le mongol. Ainsi Marco Polo apprit non pas le chinois mais la langue officielle de la cour, le mongol.

  Le drapeau japonais ou Hinomaru, le Disque Solaire, date du XVIIe siècle et il représente l'emblème national depuis 1870. Toutefois le disque est connu dès le XIIIe siècle où il est utilisé par les militaires sur des éventails avec des variantes de couleurs comme un disque doré sur un fond bleu. Malgré quelques allusions au soleil, les japonais ne se considèrent pas comme des adorateurs du disque solaire.

  D'une manière ou d'une autre, les termes et les expressions chinoises au sujet du Soleil Levant furent récupérés de façon erronée et finirent par être adoptés par le Japon.

  Une bagarre entre deux huaqueros qui se livraient au trafic d'objets archéologiques procédant de pillages donna lieu à une affaire policière qui déboucha sur une découverte majeure. En 1987 le commissaire du petit village de Morupe au nord du Pérou appela l'archéologue Walter Alba pour qu'il examine un sac contenant de nombreux objets métalliques confisqués à ces trafiquants. Il était loin d'imaginer la surprise de ce dernier à l'ouverture du sac. Il contenait de magnifiques objets en or, notamment un masque extraordinaire, d'une valeur économique et scientifique incalculables. L'interrogatoire des trafiquants permit la découverte de la magnifique tombe du " Seigneur de Sipan " et ensuite celle du roi Mochica, tout aussi importante, qui fut appelé le " Vieux Seigneur de Sipan ".

  Au sujet de village de Morupe, on peut conclure que, si Sipan était l'ancien Chrise et Catigara de Ptolémée, alors Morupe correspond à Merope, habitants de Méroé ( les Ethiopiens ) comme les appelait Théopompe ou Ethiopiens Ichtyophages comme les appelait Ptolémée.

  Il est possible que l'archéologue Walter Alba ait, sans le savoir, exhumé le mystérieux personnage dont parlait Marco Polo. Il faudrait alors effectivement comparer la coiffure et les basques en forme de demi lune en usage aussi en Chine, l'armure de plaquettes de ce Seigneur avec celles des guerriers en terre cuite gardiens de la tombe de l'empereur Ts'in Che Houang-ti, et d'autres éléments découverts. On ne peut pas non plus omettre le fait que le peuple Chi-Mu ou Chi-mo se traduit par peuple ou gens du " Souverain Chi ", en référence au premier empereur chinois Ts'in Che Houang-ti, dont dérive le nom Chine ou Chi-no, et que la ville la plus importante de la région s'appelle Chan-Chan, ce qui correspond à l'ancien nom de la ville chinoise de Canton.

  Ce n'est pas non plus un hasard si le terme tartare qui désigne le Chef ou le Roi est Chinchi, comme on appelait Temuyin qui devint le premier empereur des Tartares, le Gengis Khan et le même titre prononcé avec seulement un h de plus, Chinchi comme les chefs Incas les Cinchis, comme Cinchi roca.

  L'origine du nom Chile est Chili, mais ce nom correspond au golfe de Chili, ancien nom utilisé jusqu'au IIIe siècle pour désigner le golfe où débouchait le Fleuve Jaune en Chine, ce golfe fut ensuite appelé Mer Blanche, d'après la cartographie de l'Université Complutense de Madrid. Les navigateurs amenèrent ainsi d'autres noms de la région comme Chiloe, Taitao, Chonos, etc. ce qui nous donne des indices et des preuves de navigations anciennes entre la Chine et l'Amérique du Sud.

  Le Cipan-guo de Marco Polo dut se situer à " Sipan, Cipan ", ou " Sican " comme l'appelle l'archéologue d'origine japonaise Izumi Shimada, du Musée Peabody de l'Université de Harvard qui réalisa des fouilles à cet endroit, ou Picam comme l'appelle Mandeville, ou Chryse, ancien nom de Sipan-guo, parfaitement représenté sur les côtes du Pérou dans la carte Per Totum Circulum de 1440.

  Bien que l'on dise que Sipan signifie la Maison de la Lune, cette interprétation est due à la proximité de la Pyramide ou Huaca ( Temple ) de la Lune, mais je pense qu'il faut étudier plus attentivement l'origine de ce nom.

  Il n'est pas étonnant qu'à l'époque, Cipan-guo ait été appelé une île car, ignorant l'existence d'un autre continent, tous les endroits inconnus et mystérieux situés au-delà des océans étaient représentés comme des îles. Il en allait de même avec Tarsis, Ofir, Thulé, Sandala, les Hespérides et beaucoup d'autres encore. Il suffit de lire les écrits de Jean de Mandeville de 1366 où tous les lieux mentionnés sont appelés des îles.

  Il est certain que les chinois connaissaient Cipan-guo, Sipan, bien des siècles avant la tentative de conquête réalisée par les Mongols, sous un nom différent comme par exemple Pays de Fu-Sang-guo ou des Immortels. Il faut se souvenir que mille ans avant Marco Polo, Ptolémée indiqua dans sa géographie, sur la côte orientale du Signus Magnus ( Océan Pacifique ) la ville de Catigara ( Ville des Chinois ) et le Mouillage des Chinois, à l'endroit même où Marco Polo situait Cipan-guo, au-delà du Signus Magnus aux " Indes Orientales ", soit l'Amérique. On sait que le livre de chevet de Christophe Colomb était le livre écrit par Marco Polo, qu'il avait souligné et annoté avec des références à Cipan-guo et Catigara de Ptolémée, et concluant qu'il s'agissait avec Chrise d'un même endroit. Ces lieux aux richesses colossales se transformèrent en obsession chez l'Amiral, au point de devenir le but principal de ses voyages aux Indes Orientales en traversant l'Atlantique.

  Le fait que sur les cartes antiques Cipan-guo ou le Japon soit placé à l'est des Indes Orientales ou Queue du Dragon ( l'Amérique ) amena sûrement Christophe Colomb à croire qu'il avait atteint Cipan-guo. Nous pouvons donc considérer que l'erreur apparente de Colomb lorsqu'il dit avoir atteint Cipan-guo n'en était pas vraiment une, il ne connaissait pas la taille de l'Amérique mais il savait qu'il avait atteint la côte est des Indes Orientales et que sur la côte ouest se trouvaient Chrise, Catigara de Ptolémée et Cipan-guo de Marco Polo, comme l'indique dans ses croquis son frère Bartolomé.

  Nous voyons sur des cartes postérieures à Colomb que Cipan-guo ou le Japon est indiqué comme une île dans l'Océan Pacifique et qu'il est placé plus près de l'Amérique que de la Chine.

  Nous devons nous poser la question suivante : si Chrise ( l'or ) correspond à l'ancien nom de Sipan, dont on déduit qu'il correspond à Catigara de Ptolémée, alors Chrise est antérieur à Ptolémée, ce qui renforce l'hypothèse de l'existence d'une géographie antérieure à Ptolémée. Alors, qui a donné ce nom et quand ? Les grecs de Mycènes ?

  Une question reste toujours en suspens : qui gouvernait le Pérou entre 1257 et 1269 ?

  Les historiens n'arrivent pas à se mettre d'accord sur les dates.

  L'histoire nous dit que les gouvernants Incas arrivèrent au pouvoir après 1300.

  Seuls deux chroniqueurs de la conquête donnent des dates concernant les gouvernements Incas, Miguel Cabello de Balboa et le Capitaine Sarmiento de Gamboa, et elles ne coïncident pas. En ce qui concerne Sarmiento de Gamboa, il faut se souvenir que son " Historia Indica " disparut pendant près de trois siècles jusqu'en 1893, lorsqu'elle fut retrouvée lors de l'inventaire des manuscrits de l'université de Göttingen, alors qu'il existait d'autres histoires interprétées et acceptées.

  D'autres chroniqueurs donnent un ordre des gouvernants mais sans indications de dates : Vaca de Castro Quipocamayos, Juan de Betanzos, Poma de Ayala, P. Panello Oliva, Fray de Montesinos, P. Cobos, Cieza de Leon, P. José de Acosta, Fray Martín de Morua, Gracilazo Inca de la Vega, Juan de Santa Cruz Pachacuti Yupanqui.

  Il est indispensable de connaître des dates authentiques dans la chronologie Inca pour savoir si la conquête de Sipan par l'envoyé du IXe Inca Pachacuti, qui fait prisonnier le Roi Chimu et le maintient en captivité à Cuzco comme vassal, entraîna la réaction de l'Empereur Koubilaï Khan pour tenter une reconquête de Sipan, Catigara et le Mouillage des Chinois, mentionnés par Ptolémée.

  D'après Sarmiento de Gamboa, le IXe Inca Pachacuti meurt en 1191 et le Xe Inca Topa Yupanqui lui succède. S. de Gamboa dit de ce dernier qu'il effectua une navigation océanique probablement jusqu'aux Iles Salomon en Océanie, qu'il avait lui-même découvertes. Ce souverain meurt en 1258, mais entre la mort de celui-ci et la mort du XIe Inca Guayna Capac en 1524, après un règne de 80 ans, il se passe 266 ans, ce qui laisse un vide dans le gouvernement de 186 ans pendant lesquels se serait produite l'invasion de Cipan-guo racontée par Marco Polo.

  Tout cela montre qu'il faut procéder à une révision en profondeur de l'histoire et de la chronologie Inca, en vérifiant la continuité ou la discontinuité entre les différents règnes.

  Nous trouvons dans toute la Méso-Amérique et l'Amérique du Sud les masques de dragons d'origine asiatique utilisés par toutes ses cultures dans les rites et les festivités.

  La diablerie du nouvel an chinois de Canton et son dragon si caractéristique, est recrée par un autre peuple d'origine asiatique en Bolivie pendant la Diablerie de Oruro. Cette population fut probablement déplacée de la côte nord du Pérou par les mitimaes Incas lorsqu'ils furent conquis par Pachacuti IX qui fit prisonnier le roi de Sipan.

  Je crois qu'aucune personne sensée ne pourrait imaginer que ces indigènes arrivèrent dans cette région, avec leurs dragons, depuis la Sibérie à l'époque glaciaire en pensant par l'Alaska et en descendant le continent, vu qu'il n'y a pas de concordance chronologique entre l'époque du passage par le détroit d'Anian ( Béring ) et l'époque de ces manifestations, bien postérieures. On ne peut pas non plus concevoir une création indigène indépendante de l'influence asiatique.

  La preuve cartographique laissée par Ptolémée dans sa géographie sur Catigara en tant que Mouillage des Chinois au Pérou n'est pas la seule preuve du contact entre la Chine et l'Amérique.

  On a trouvé qu'en Chine l'on pratiquait la déformation et l'étirement des crânes, comme en Egypte et en Amérique.

  Les récits de navigations chinoises sont connus et ont déjà été publiés, comme le voyage de 3000 jeunes chinois des deux sexes qui se rendirent au Pays des Immortels, au pays de Fu Sang-guo, en partant de l'ancien Golfe de Chilli sur la Mer Jaune et à bord d'une flotte de trente navires commandée par le prêtre Chu Fu, qui se prononce Qufu, en 219 avant J.C. sous le règne de Ts'in Che Houang-ti premier empereur de Chine. D'après l'auteur japonais Toshió Okuno, ce voyage se serait déroulé au départ de Lianyungang par la Mer Jaune jusqu'à l'île de Kyushu et ensuite jusqu'à Shikoku sur l'île de Honshu où il a trouvé le symbole de Ts'in gravé dans la pierre comme preuve de leur arrivée et de leur débarquement. C'est une possibilité mais il est peu probable qu'ils soient restés dans un endroit aussi proche de la Chine et qui ne correspond pas à Fu Sang-guo, qui était leur destination finale. Le même symbole de Ts'in, identifié par T. Okuno, apparaît dans toute l'Amérique d'où l'on peut déduire que cette navigation ne se termina pas au Japon mais qu'elle continua jusqu'à Fu Sang-guo qui serait l'Amérique.

  Il semble étrange que l'empereur Ts'in Che Houang-ti ait choisi un symbole n'appartenant pas à la culture chinoise pour le représenter. Ce symbole a sûrement été apporté en Chine par les Magog.

  On a découvert en Chine une pyramide, comparable en taille à celle de Kheops, et qui renferme la tombe de ce grand empereur qui parvint à conquérir et à unifier tous les royaumes pour former le grand Empire Chinois auquel il donna son nom. Cette tombe n'a pas encore été ouverte car le gouvernement déclare ne pas disposer des éléments techniques pour préserver et entretenir l'infinité de trésors archéologiques qui doivent se trouver à l'intérieur. Les dernières informations annoncent qu'elle sera ouverte à la fin de l'année 2003. Il suffit de voir les armées de terre cuite composées de milliers de soldats, de chevaux et de chars de taille réelle, qui la défendent à l'extérieur, pour imaginer les richesses qui peuvent se trouver à l'intérieur.

  Le premier Empereur pourrait-il être un Magog, d'origine caucasienne, comme les momies d'Orunchi ou Mongolie ?

  Peut-être que cet empereur est mort en campagne et que son cadavre est arrivé à la capitale dans un état de décomposition avancé, au point que son carrosse ait du être escorté de charrettes de poisson pourri pour masquer l'odeur du cadavre.

  Nous espérons que lors de l'ouverture de la tombe, la momie sera suffisamment bien conservée pour nous donner une réponse.

  On connaît aujourd'hui l'existence de plus de 90 pyramides de grande taille construites en Chine, dans la région de Xi-Han.


Pyramides Chinoises

  Les inscriptions trouvées à Mexico, considérées comme de l'écriture Olmèque, seraient d'après Mike H. Xu professeur d'études chinoises à la Texas Christiam University, d'origine chinoise de l'époque Hang ( 1700-1100 avant J.C. ), et les céramiques représentant des personnages aux traits incontestablement asiatiques trouvées à La Venta, San Lorenzo, Tres Zapotes, Teotihuacan etc. confirment l'hypothèse de De Guignes.

  Nous connaissons également le récit du moine bouddhiste Hwui-Shin ou Hgui-Shan, qui conduisit une expédition de plusieurs années au Pays de Fu-Sang-guo. Il partit de Liao-Tung, il se dirigea vers le nord du Japon et au-delà vers l'est au Pays de Ta-Han où les jours sont courts et où les habitants portent des bottes en peau, il s'agit probablement des îles Aléoutiennes et de l'Alaska. Il se dirigea ensuite vers le sud jusqu'à Fu-Sang-guo, probablement le Mexique ou l'Equateur où l'on trouve une toponymie d'origine chinoise importante que l'on attribua à A. Vespucci. L'expédition rentra en 499 de notre ère et laissa dans l'encyclopédie chinoise San-ts'ai t'u-hui, un dessin de Fu Sang-guo représentant un homme en train de traire un lama à Fu Sang-guo.

  Le dessin reproduit incontestablement une vigogne, ce qui permet de penser qu'ils atteignirent la région andine centrale d'Amérique du Sud.

  Après avoir lu les textes de l'écrivain chinois Ma-Twan-Lin, le français De Guignes arriva à la conclusion que Fu-Sang-guo se trouvait au Mexique. En 1831, Klaproth tenta sans succès de démontrer que Fu-Sang-guo se trouvait au Japon. Dans la partie consacrée à Marco Polo, j'ai démontré que le Japon était trop connu pour pouvoir être confondu avec Fu-Sang-guo ou Cipan-guo.

  Je pense que le refus systématique et ridicule des navigations précolombiennes trans-océaniques a été largement réfuté et contesté par les récits antérieurs auxquels on peut rajouter les périples de la flotte chinoise composée de 300 navires et commandée par l'Amiral Zheng He ( Cheng Ho ), au XVe siècle, qui parvint à Ceylan ( Sri Lanka ) et en Arabie où son passage a été enregistré, et qui termina son voyage en 1430. Le plus étonnant c'est que cette flotte était composée de navires construits en bois, qui pouvaient mesurer, d'après les registres, jusqu'à 122 mètres de long et 45 de large et qui pouvaient emporter un équipage de 1000 hommes. Ces dimensions sont colossales par rapport aux navires européens de cette époque. Le chercheur anglais David Menzies affirme que cette flotte parvint jusqu'en Amérique.

  En 1975, dans la Baie de Monterrey au sud de la Californie, on a découvert et extrait du fond de la mer, d'anciennes ancres en pierre de forme cylindrique et percées longitudinalement. Certains les ont attribuées à des pêcheurs chinois du XIXe siècle établis dans la région, mais vu la difficulté de leur fabrication à une époque où l'on utilisait des ancres en fer, cette hypothèse est très improbable.

  Il faut savoir qu'une fois jetées à la mer ces ancres de pierre n'étaient pas récupérées, ce qui obligeait à en avoir une grande quantité à bord malgré leur poids et la place qu'elles occupaient, sans compter la pénible tâche de leur fabrication permanente.

  Nous pouvons dire que ces ancres étaient d'origine phénicienne et qu'elles furent ensuite adoptées par les chinois qui les utilisaient dans leurs jonques et leurs sampans. La quantité d'incrustations et leur détérioration montrent qu'elles ont du rester immergées beaucoup plus longtemps que les cent ans avancés.

  On peut aussi ajouter d'autres découvertes comme celles que raconte P. G. García dans son ouvrage cité précédemment, la découverte de quatre proues embouties d'or et d'argent, dans le style des navires chinois et japonais, faite par Francisco Vázquez Coronado dans les eaux du Nouveau Mexique, et des coques de navires chinois trouvées en Mer du Nord par Pedro Menéndez de Avilés. Il raconte que les indiens Hurons du Canada affirmaient que très loin dans les terres occidentales vivaient les Epicerinos qui n'avaient pas de barbe et qui venaient faire du commerce chez eux à bord de grands navires. On ne peut écarter l'influence des Nestoriens qui purent parvenir jusqu'en Amérique à bord des navires chinois.

  Ces moines qualifiés d'hérétiques se séparèrent de l'Eglise Romaine après le Concile d'Ephèse en 431 et partirent prêcher en Perse puis dans tout l'orient, bien disposés à aller partout où cela leur serait possible.

  En 1859, l'historien Paulier raconte qu'en 985 avant J.C. les chinois envoyèrent une expédition à Saba et que dans les annales chinoises des " Livres de Bambou " du VIIIe siècle avant J.C., la reine de Saba est citée sous le nom de Se-Wang-Mu. Il nous dit aussi que le souverain chinois Mu-Wang voyagea jusqu'au pays où vole le sable et que là-bas il fut très bien reçu par cette reine Se-Wang-Mu. ( Il est probable que Paulier ait confondu les titres et les noms et qu'il se soit trompé dans les noms de lieux ).

  Il faut préciser évidemment que Paulier situe tous ses récits dans la Péninsule Arabe et plus précisément au Yémen à Ma'rib. D'après tous les écrits anciens, Saba est un port, et Ma'rib se trouve à plus de 300 km à travers le désert de la côte la plus proche. Le pays où le sable vole ne correspond pas obligatoirement au Yémen, nous savons que la côte nord du Pérou possède une frange désertique entre la côte et la cordillère. Par ignorance, Paulier confond la côte du Pérou et celle du Yémen.

  Les copies d'objets métalliques réalisées en céramique, en bois, en pierre ou avec un autre matériau attirent l'attention. On remarque particulièrement des poteries, des haches, des épées etc. Les instruments de musique à vent comme le cicu, l'erke, la quena, l'ocarina etc. proviennent d'Asie et de Méditerranée.

  La Grande Muraille de Chine finit dans Les Andes. Cela semble absurde mais dans une publication de la Revue Géographique Américaine de 1935, Cornélius Van S. Roosevelt, petit-fils du président Théodore Roosevelt, raconte qu'en 1931, alors que l'expédition de Shipee et Johnson photographiait la côte péruvienne, ils découvrirent une muraille. En 1934, il partit en expédition avec Richard Cross au Pérou et avec l'archéologue Julio C. Tello ils allèrent étudier cette muraille. Il la décrit comme une construction en brique crue et dont il reste environ un mètre de hauteur encore en place. Elle débute dans la mer, dans un lieu appelé Santa Clara et elle s'étend vers l'est, à travers les montagnes en suivant le cours du Río Santa pendant plus de 60 km. Elle était protégée par quatorze forteresses réparties le long de son parcours. Le Dr Tello arriva à la conclusion que la muraille datait de l'époque proto-Chimú. Et à l'instar de son double chinois, elle fut construite pour se défendre contre l'invasion des peuples voisins.


Muraille Chimu

Muraille de Chine

  Le fondateur de la culture Moche, un seigneur appelé Naymlap, Naylamp ou Namlap, arriva des confins de l'océan avec son épouse principale appelée Ceterni ou Ceterne, de nombreuses concubines et une suite de quarante courtisans. La similitude de vêtements ( comme les armures composées de petites plaques ), d'ornements, de bijoux et de tissus entre les Moches et les Chinois est stupéfiante.

  Et ce n'est pas un hasard si la ville de Chan Chan se trouve au nord du Pérou, là où figurent le Mouillage des Chinois et Catigara ou Catay-Gara ( ville de Catay ) sur les cartes de Ptolémée, et en sachant que Chan Chan est l'ancien nom de la ville de Canton.

  La vallée d'où émergèrent ces cultures, Moche - Chimú, se prononce de différentes manières, comme c'est également le cas pour le nom de ses fondateurs, et on l'appelle Chejmer sous sa forme la plus ancienne, Chimor, Chimo ou Chimú. Ceci montre que les études linguistiques ne sont pas fiables et que l'usage des noms a été laissé à l'appréciation de chaque auteur. Nous l'avons déjà vu dans plusieurs cas et nous allons encore le voir.

  Le nom Chimú désigne des gens du souverain Chin. Dans le chapitre consacré à Marco Polo, on trouve la relation des chinois avec les Moches ou Chimú.

  Bien que la culture Moche ou Mochica soit considérée comme antérieure à la culture Chimú, je ne crois pas qu'il s'agit de deux cultures différentes mais de deux périodes d'une même culture.

  Comme si ce travail avait été prémonitoire, on vient de connaître les résultats des fouilles que viennent d'effectuer les archéologues de l'Université de Californie de Los Angeles, nouvelle qui est apparue dans les journaux et à la télévision le 16 février 2001. On annonce la découverte de plusieurs tombes, mais trois tombes de la Royauté Moche attirent particulièrement l'attention, non pas par les trésors qui ont été découverts mais par les caractéristiques des corps qui ont aussi étonné l'archéologue Chistopher Donan chargé des fouilles.

  La grande taille des occupantes de ces tombes, deux mètres approximativement, qui a étonné les archéologues, les soustrait à la moyenne de la population du lieu, et les transforme en géantes.

  Une des statues trouvées sur les lieux donnerait la physionomie des personnages, et nous y trouvons le détail qui nous intéresse, le grand développement de son nez, comme chez les Mages d'Orunchi. J'ignore si on a constaté un étirement artificiel du crâne sur les squelettes retrouvés.

  Je crois qu'à cette altitude ce genre de personnage nous est familier, Canaan, Perse, Mongolie, Chine et nous rappelle le même peuple, appelé Magog par le prophète Ezéchiel et Magos par les perses où curieusement les chercheurs ont découvert le syndrome de Marfan, comme dans le cas d'Akhenaton et de sa famille.

  La connaissance de l'Amérique par les chinois a été confirmée en 1274 par Marco Polo dans sa description de Cipan-guo et en 1366 par Jean de Mandeville lorsqu'il revint de sa visite au Grand Khan pendant laquelle il recueillit la version asiatique de la légende Mapuche des Tinguiriricas ( les hommes fourmis ) qui surveillent l'or. L'occident détenait alors les preuves de l'existence de terres situées au-delà de l'Océan Pacifique, mais l'obscurantisme de l'époque ne permit aux historiens ni de les voir, ni de les comprendre, contrairement à ce qu'accomplit Christophe Colomb qui réussit ainsi son premier voyage.

  Nous pouvons donc dire que Colomb avait entièrement raison lorsqu'il disait au Roi « il faut lire les anciens ».

 


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A propos de l'auteur
Enrique García Barthe

 


Cet article est publié sur ce site avec l'accord de l'auteur.
Vous pouvez retrouver la version originale en espagnol et sa traduction anglaise sur le site de l'auteur :
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